31/08/2019

Libérez le Cro-Magnon !

Ce lac. Cette montagne.

Moi. Deux semaines.

Le Bonheur.

Dans deux dodos, je lâche lousse le Cro-Magnon qui dort en moi, dans les bois du nord. 

Retour à une vie primaire où très vite, l'Humain dégagera une forte effluve de boucane ou peut-être de poisson. 

Possiblement les deux. 

Où les repas seront sûrement pris sans qu'un napperon soit d'abord glissé sous l'assiette. 

Il est même possible que le verre de vin ne soit pas du format adéquat pour la famille qu'il hébergera. 

Vous allez grincer des dents je sais mais, du bourgogne dans une tasse, ouaip, possible.

Le corps jeté dans l'eau du lac au moindre coup de chaleur. Piqûres de maringouins portées comme des trophées. Tout ce qui ressemble à un rasoir honni. Le rot sonore. 

Le... la... et puis les...

Si vous allez chasser dans la Haute-Laurentie prochainement et que vous croisez le fameux Yéti... s.v.p. ne tirez pas avant d'avoir bien vérifié qu'il ne s'agit pas plutôt d'un Préposé à l'Accueil du Palais des Congrès en vacance, qui se laisse aller un peu. 

Prenez bien soin du monde civilisé pendant mon absence.


30/07/2019

Est-ce que je suis le seul ?





quand je suis dans un endroit clos avec un groupe d'humains varié...

un wagon de métro...

un cinéma...

l'immeuble d'un lieu de travail...

... qui se demande parfois...

quelles seraient les chances...

advenant une catastrophe nucléaire qui fauche toute trace de vie humaine de la surface de la Terre, outre celui où je cogite mon hypothèse...

quelles sont les chances que nous puissions recréer la race humaine à partir de ce groupe ?

.........

Probablement. 





20/05/2019

On se calme...

Jeune adulte, vous dansez comme un possédé. 

Vous vous gavez de rock. Vous vous boucanez un peu les poumons. Vous bouffez la vie plus vite que vous pouvez la digérer. 

Votre transmission n'a pas toujours de vitesse entre le sommeil et le sprint. 

Vous offrez peu de temps à la lecture. Il y a autre chose à faire. 


 À mi-vie, vous préférez le coté vaporeux de Pink Floyd. La paresse cesse d'être un défaut et devient le concept; "Profiter du temps qui passe". Vous trouvez des vertus thérapeutiques au vélo. 

Vous lisez les romans de Yoko Ogawa. 


Au temps de la maturité, les longues marches en forêt vous rebranchent sur l'essentiel. Votre programmation sonore balance entre les mantras indiens et les bruits variés de la Nature. Vous étudiez les oiseaux.

Vous méditez matin et soir. 

Vous lisez Guerre et Paix. 

 

La Vie est un long processus pour se calmer. 



18/04/2019

Si on se taisait...


On s’amuse là.

Je pars le débat (entre moi et moi-même).

Combien de mots dit-on (supposons la moyenne des adultes vivant dans une ville et ayant un emploi), dans une journée ?

Mon estimation très aléatoire est environ 2,000.

Combien sont essentiels ?

Ah ah ! LA QUESTION.

Je ne parle pas de fausser les données en compensant par la gestuelle la nécessité d’offrir ou de demander de l’information.

Mais de s’en tenir aux échanges qui doivent être fait pour pratiquer la vie à tous les jours.
 

Et il y a naturellement les échanges de politesse qui ajoutent du miel aux relations. 

Donner son opinion sur 2 ou 3 sujets intéressants. Plus quelques banalités utiles (Quelle heure est-il s’il-vous-plaît ?).

Est-il raisonnable de parler de 7 ou 800 mots ?

Mettons.

Alors, la sous-question qui tue:

Pourquoi ces 1,200 mots de plus ?

Ça aide vraiment à vivre mieux ? 


Ou ça camoufle seulement un besoin de rappeler aux autres; 
"Je Suis Là" ?

Si on se taisait un peu plus, serait-on moins heureux ?



 

28/03/2019

Printemps et Montréal

C'est physique. Psychologique. Biologique. 

C'est comme se faire servir un grand verre froid de pur jus de pamplemousse après un marathon. 

Genre. Comme. 

C'est le printemps qui pousse dehors l'hiver québécois. À coups de pieds dans le... là où le dos ressemble à la Lune. Dirait Brassens. 

L'hiver de force est mort. 

Ce matin j'ai vu des canards. 

La laitue verdie même si les tomates sont encore aux urgences. Ma salade César hier, avait une certaine dignité. 

Le Soleil il me semble, est plus vitaminé. Sa lumière, blanche comme blême en janvier, a jauni. 

On ferme le placard au froid. On ouvre les rideaux sur les projets de voyage. 

Printemps. 

C'est pas encore du chocolat, mais c'est au moins de la vanille. 

Ouvrez les narines. Souhaitez les fourmis. Huilez la chaine du vélo.

On va y arriver.

Je vous en souhaite un majestueux.  



04/03/2019

Confiteor


Y'a des livres.

Et puis il y a LE livre qui efface tous les autres pendant des mois. 

Un an. Deux ?

Pas nécessairement un chef-d'oeuvre. Mais peut-être quand même. 

Gagnant d'un ou deux prix prestigieux. Dans ce cas-ci, meilleur roman étranger cette année-là. 

Ce qui vous fait revenir sur votre notion de chef-d'oeuvre. 

Parce qu'elle est où la définition ? 

La mienne ressemble à; 700 pages sans ennui. Mieux: 700 pages sans manque d'intérêt. 

Des semaines à déguster lentement, dans un sac à dos où se bousculent trois livres, et toujours sortir le même dans les transports en commun. 

Quoi d'autre ? Original ouais. Le point de vue du narrateur qui change souvent au milieu d'une phrase, d'un paragraphe. 

Déstabilisant, mais on s'y fait. 

Une écriture fluide. Des sentiments comme des blocs de béton. Une odeur de parfum qui flotte aussi. 

"Parfum" parce que tous les personnages sentent quelque chose. 

Certains puent. D'autres exhalent une effluve de transpiration. 

C'est très humain. 

Un délice. Pas comme un gros morceau de gâteau au chocolat. Plus comme une bouffe aux fruits de mer de 7 services. 

Variété de bons vins inclus. 


CONFITEOR,  

de  JAUME  CABRÉ







24/12/2018

24 décembre...

On fait quoi ? 

C'est le 24 décembre et deux options se sont offertes dernièrement. 

Vous avez refusé la tradition. On vous reproche de vous éloigner de l'amour familial. Vous avez prétexté la grippe, qui est un fait. 

Mais vous avez l'âme soulagée. Faut-il culpabiliser ? Est-il normal d’être soulagé d'être enfin en marche hors du cercle d'influence de la tradition ? 

Pas de dinde, pas d'effervescence devant une sapin qui clignotte. Mais une bouffe maison où vous avez gavé votre bol de poterie home-made de 200 grammes de pétoncles et 200 autres grammes de crevettes succulentes. 

Pas d'échange de cadeaux mais vous profitez de la date pour, au contraire, vous défaire de quelque chose. Une toile qui a régnée sur votre salon pendant une décennie. 

Perdre quelque chose parce que c'est Noël, c'est original. 

Le vin est Riesling, puis est Valpolicella. Fred Pèlerin vous rappelle sur Spotify les délices de la simplicité. 

Et d'un coup vous réalisez, que les Noël  traditionnels, c'est fini pour toujours. 

Et hop, une autre crevette...




 Mon réveillon 2018.

12/11/2018

Le génie



- "Maman, est-ce vrai que le génie ne cours pas les rues ?"

-"Mais tu vois bien ma fille que je marche lentement..."





16/08/2018

Le sourire vous va bien.

Partout. 

Tout le temps. 

Ça fait chaud à l'âme. Ça rassure l'insécure. Ça câline l'inquiet. 

C'est sans effort. Ça vient tout seul. 

Le sourire est l'élastique du rire. 

Pour peu qu'on ait trois dents, il devrait être obligatoire. Et se fondre au visage au moins 20 fois par jour. 

On doit ça à la race humaine. Car être né et vivre en ce monde, comporte certains devoirs. 

Comme faire sa part pour améliorer les choses. Autant que possible. 

Et sourire, c'est à peine la contribution d'un paresseux. 

C'est facile et gratuit. Les plus radins n'ont pas d'excuses. 

Et ça illumine un peu, pour un moment, l'auteur(e) et ceux qui sont touchés par son rayonnement. 

Souriez ! 

C'est un ordre. 



16/07/2018

Billard



Je me demande si les joueurs de billard, quand ils regardent un ciel étoilé, et voient ces points blancs s'aligner de manière anachronique, imaginent les angles dans lesquelles il faudrait les frapper pour qu'elles s'empochent dans les coins du ciel. 


21/05/2018

7 pas et une fenêtre.




 7 PAS ET UNE FENÊTRE


3 marches et une porte
Zoom passé/futur
7 pas et une fenêtre
Coup d'oeil sur soi-même
Photo fripée d'un vélo
Rouge et banane
Là où il n'y a pas de race
L’enfance
Dent qui tombe et dent qui pousse
7 pas et une fenêtre
Vapeurs élastiques
7 pas et une fenêtre
Un premier cheveu blond
7 pas et une fenêtre
Gumby passe sous la porte
7 pas et une fenêtre
Peiner ou laisser être ?
7 pas et une fenêtre
Fin de l'unidimensionnalité
7 pas et une fenêtre
Dons en action
Expérimentation
Manifestation
Imagination
Illimitation
Création
Relation

...

dialogue et choix de paix
faut-il maintenant poser des stores ?
sourire ouvert
yeux clos
mains dans les poches
l'esprit comme un éternuement
le menton dans les étoiles on regarde forcément en haut.


7 autres pas, une autre fenêtre
Tout est possible.

 

 

13/05/2018

Avec ces yeux-là...


Il y a des yeux qu'on arrive pas à définir.

D'où vient cet éclat ?

Ou encore;

Mauve ? Non, ça n'a pas de sens. Essaie encore. 

On a presque le goût de les remercier.

Je vous dois combien ?

Il y a des yeux qui ne se définissent pas. 

Ils se prennent comme un cadeau. C'est tout.