08/06/2016

Robert Plant


J’aime les vrais artistes. Ceux et celles qui ne carburent pas au succès, mais à l’expérimentation.

J'aime Robert Plant.

Pendant une décennie la voix la plus reconnue du Rock.

Plant. Led Zeppelin. Stairway to Heaven. La décennie 70.

Et puis il a regardé le chemin sur lequel il marchait depuis des années, et a constaté qu’il en connaissait chaque pierre, chaque brin d’herbe.

Ça n’a pas été sans frictions. Ses engueulades avec Jimmy Page avant les spectacles quand Plant refusait de chanter Stairway, sont connues.

Mais quand un artiste, un vrai, a été au top, s’il connait trop le chemin, il va marcher ailleurs.

Alors à leur dernière visite à Montréal, Led Zep n’a pas joué Stairway.

Horrible sacrilège a dit la presse.

Pendant que Plant se demandait déjà: « Je me demande ce que pourrais être le rock en ballade avec des influences arabisantes… »

Un artiste vrai ne vit jamais sur une recette.

Il explore sans cesse. 














07/05/2016

Quelques mots du curé



Il y a des soirs magiques.

De tous les coins de la paroisse, on vient communier.

Une rousse par son sourire. Un vieil Italien par son vécu.

Ils sont beaux jusqu’aux coudes, les humains.

Paroissiens d’un Univers fou. Messe des temps modernes.

Les poules pondent des oeufs d’or. 


Genesis avertit, le souper est prêt.

Il y a dans chaque geste, une source possible de plaisir.

Mais les gestes importent peu. C’est la perception qui compte.

Le plat est servi, trouverez-vous la sauce succulente ?

Trempez-y donc l’âme alors.

Pourquoi alors s’arrêter aux coudes ? Poursuivez jusqu’aux reins.

La Vie est une célébration du maximum de ce peuvent offrir tous les organes.

Dans mon cas ça se résume pas mal à une seule chose: 


J’ aime l’Humain. 



17/03/2016

Que voulez-vous, tout bouge.


On change.

Tellement qu'un jour, on ressemble davantage à un étranger de son âge qu'à celui qu'on a déjà été soi-même.

Tout fuit. (Parce que tout change). 

C'est heureux. Inévitable. Dans les paramètres de l'expérience physique, dont la définition est; "ce qui change sans arrêt", jamais ne cessent les artifices. 

Tout refus de changer avec elle devient sclérose encroûtante. 

A-t-on déjà vu un bouchon de liège jeté à l'eau ne pas suivre le courant de la rivière ?

Là où les mets servis par la Nature sont d'une variété infinie, il faut goûter à tout. 

Goûter. Et comprendre qu'ensuite il faut tout perdre. 

Pour faire de la place. Pour gagner du (de) nouveau. 

La Sagesse c'est apprendre à perdre avec joie. 

Dans un mouvement infini, majestueux, tout ce qui nous effleure est en permanente mutation.

L'observateur s'étonne. ébahi. Ou joue avec ses orteils. 

C'est là son seul choix.




 

02/02/2016

L'étonnement, dans le microscopique.


LA dernière bouché d’un gâteau Opéra, suivie de LA dernière lampée de l’expresso bien tassé.

Un peu de sable entre les doigts.

Ce croissant de lune qui s’apprête à se cacher derrière ce nimbus.

Cette foutue définition dont la réponse résiste. Qui vient, enfin. Complet le mot croisé.

Un souffle intérieur qui rappelle que l’univers est si vaste, tellement longtemps.

Une superbe phrase, d’un philosophe oublié.

Le voile à peine soufflé de la substance d’une femme, dans lequel on veut plonger.

L’encre du Mont-Blanc qui glisse sur le papier, comme huile sur bois.

Le détail. L’ombre du détail. La pensée de l’ombre de ce détail.

Quand l’intelligence se manifeste, qu’on est sa syntonie.

Quand, à quoi qu’il arrive, la réponse est « Cela est juste et bon ».

Quand le temps buissonnier est le bon degré, le juste souffle de vent, la précise fraîcheur.

Sur la rivière, saute la truite.

Dieu est dans le détail, je l’y ai rencontré.



01/02/2016

Joyce Carol Oates


Il y a des auteurs qui, quand vous les découvrez, vous dispensent de tous les autres pendant un bon bout de temps. 

Elle se nomme Joyce Carol Oates et a un talent rare. 

De conteuse. 

Pour développer un personnage. 

De maîtrise de la langue. 

Elle a du style. Est racée. N'a pas peur de déconstruire, de ne pas respecter des normes grammaticales. 

Bref, elle écrit divinement. 

Il faut lire ses nouvelles. La nouvelle est un art délicat. 

Raconter une histoire en 30 pages est plus difficile que de la raconter en 300. Pas de temps pour les transgressions. Il faut dire tout de suite. 

Il faut lire par exemple le recueil intitulé "Terres Amères", pour saisir l'ampleur de son talent. Elle cisèle le récit comme d'autres cisèlent des pierres précieuses. 

Dix lignes, et vous avez l'impression de bien connaître un personnage. 

Deux pages, et déjà c'est "Mais où est-ce qu'on s'en va ?". 

Les fins sont anodines. Rarement de grandes chutes. 

Sauf que deux heures après on pense encore au récit.

Et puis, cette tête-là !

Faite pour le cinéma muet des années 20.

Il y a des êtres qui ont le don de vous rappeler qu'il n'y a pas de mélange plus excitant chez l'humain que le Talent dilué dans l'Originalité. 



06/01/2016

Dans l'antre des vieux livres


Il existe un palmarès mondial des librairies de livres usagés. 

La plus grande d’entre elles et à Venise en Italie. 

Je viens de passer quelques heures dans celle qui occupe le deuxième rang. Elle est située à Detroit au Michigan. 

C’est un endroit fabuleux.Un immeuble délabré de 4 étages qui réchauffe en son coeur, plus d’UN MILLION de livres et 100,000 revues. 

Des murs jaunis par le temps. De vieux planchers de bois qui craquent. 

L’endroit est si peuplé de livres et tellement grand, que la seule question qu’on vous pose à l’entrée c’est; « Do you need a map ? ».

Parce que ça en prend une pour s’y retrouver. 

Vous laissez votre sac au comptoir. 

Et là vous partez à l’aventure. Comme un corsaire qui tient sa carte au trésor dans sa main en comptant ses pas. 

Comme Robinson sur une île de papier. 

Du premier plancher au plafond du quatrième, cet immeuble ne contient que des livres...


















 

09/12/2015

L'Art. Et puis le reste...


J’adore les artistes. 

Ils changent un monde qui autrement serait plus fade, plus équilibré. 

Or, c’est dans le surprenant et le déséquilibre que je suis charmé. Ce qu’on attend pas est bien plus intéressant que ce qu’on a déjà vu.

Pour ça, pour les sourires, les « oh » et les « aaaah ", le charme de la surprise, pour les couleurs et les formes nouvelles, les élans superbes ou la rage hachurée, par quelque médium que ce soit:
 

Gloire aux Artistes et à tout ce qu’ils osent.

Ici, les doux Monstres de Myrto Simic, artiste grecque. 


Elle les place un peu partout en ville et prend des photos. 

Si on jour on est envahi par les extraterrestres et qu'ils ressemblent à ça, je me jette dans leurs bras. 














03/12/2015

Le trou dans le ventre.


C’est en fermant les yeux qu’on le voit le mieux.

Ce trou c’est une leçon. Un résultat. Un message. Un glacial rappel.

Un manque d’amour pour soi-même.

S’il n’y a pas de hasard, si on crée toujours sa réalité physique, alors ce trou c’est le pire des miroirs.

Et le début de la sagesse.

On se protège, on sélectionne, on attend l’idéal. Et les années passent.

Et là où on espérait la lumière du ciel, c’est entre les doigts que le sable s’écoule.

Et le trou s’agrandit. Et ses parois durcissent. Comme une poterie au four.

On croit gagner; on a LA recette. Mais on perd à répétition.

Une nuit, on ferme les yeux, et il est là.

Vieux drain durci. Fait de refus, de fuites et d’orgueil.

On y touche de l’âme, curieux. 


C’est froid.

On assume ou on rebâtit ?

Car c’est le début de la Sagesse. Car l’espoir fait vivre. Car que faire d’autre…

On recommence, pour une autre fois.

À tenter de s’aimer mieux.  





29/11/2015

Le Menu du Jour


Six heures a.m. Un homme s’installe sur un banc dans une station de métro. 

Il ferme les yeux. 

Descend le centre de son attention au milieu de lui-même. 

 Flotte un moment.

Doucement, comme un ballon qui perd son air, il touche le sol intérieur. 


Juste devant la boutique, la «Fabrique des Événements » (Ici nous transformons vos émotions en réalité physique), clame l’affiche au-dessus de la porte.

L’homme entre et s’adresse au lutin derrière le comptoir.

« Plait-il ? », souffle le petit être.

- « Je voudrais une journée Double Douceur/Triple Tendresse, s’il vous-plait ».

Derrière le comptoir, une immensité sans murs ni plafonds grouille d’activité. 


Couleurs. Musiques. Vapeurs éthériques.

Le lutin se retourne et crie: « Un Double D-Triple T pour aujourd’hui ! Presto ! »

Puis, revenant à l’homme:

- « Vous êtes triste ? »

- « Borderline... ».

Sourire du lutin.

« On s’en occupe ».

Le lutin dessine dans un grand cahier, un gros soleil passant devant un nuage noir. 


Il lève les yeux. Fait signer l’homme au bas de la feuille.

«  On s’y met tout de suite. Vous devriez ressentir les premiers effets dans une heure ou deux ».

« Merci ».



16/11/2015

La Vie dans le pesto à Lucie.


N’avoir besoin de rien. Ne rien craindre. 

Sourire.

Du revers de la main, rejetez les conditions.

L’oeil intérieur, le regard pénétrant.

N’être certain d’aucune affirmation. Délicieux.

À ce point, douter de la réalité. À ce point.

Abnégation pour son plaisir. Utiliser tout le reste.

Le plus efficace est le silence.

Savoir et Voir. Expérience glorieuse.

S’étonner, bien sûr. Comment faire autrement.

La solution la plus grandiose, c’est d’être conscient de l’inexistence du problème.

Le Karma, quelle farce !

Deux parapluies, la Peur et l’Amour. 


Vous vous abriterez où ?

La Vie est dans le pesto à Lucie.





14/10/2015

Le Martien

J’ai toujours aimé la Science-Fiction. 

J’ai lu des tonnes de livres dans le domaine. Vu des kilomètres de films. 

Un hiver, il y a quelques années, je me suis payé le visionnement des 163 épisodes des deux séries télé de Twilight Zone.

Depuis que j’ai des ordinateurs, il m’arrive aussi d’aller fouiner sur des sites de Science-Fiction ou d’aller lire des récits sur des blogues d’auteurs en devenir.

Il y a environ 4 ans, j’ai atterri sur un de ces blogues. L’auteur, un certain Andy Weir, écrivait à temps perdu trois romans en même temps. L’homme écrit bien et je me suis à suivre de plus près le développement d’un de ces canevas, une histoire de Robinson perdu sur la planète Mars, et ses tentatives pour survivre.

Weir postait un nouveau chapitre à peu près aux 6 semaines. Étant abonné à son blogue, je les recevaient par courriel. Je lui retournait mes commentaires et lui posait des questions. Il me répondait et s’expliquait courtement. Je lui soulignait mon intérêt, il me remerciait.

Il prenait beaucoup de soin à décrire une histoire crédible. Il terminait souvent ses courriels avec des questions qui serviraient plus tard de lignes directrices aux prochains chapitres.

Serait-il possible de faire pousser des pommes de terre sur Mars ? Plausible que le programme spatial des Chinois puisse venir en aide à la NASA en cas d’urgence ? Ce genre de choses.

Et les chapitres atterrissaient dans ma boîte de courriel régulièrement.

C’est comme ça que j’ai lu THE MARTIAN. Première mouture. À la pièce.

Ensuite tout a déboulé.

Quand son histoire fut terminée, il l’a soumise à Amazon, qui l’a mis en vente pour le prix minimum de 99 cents.

Puis Hollywood a acheté les droits de son livre.

La dernière fois qu’il nous a envoyé un message, c’était pour nous apprendre, tout fier, que Ridley Scott en ferait un film.

Que j’ai vu hier. En 3D.

THE MARTIAN est le film qui a fait le plus d’entrée en Amérique du Nord ces deux dernières semaines.

J’ai adoré. Même si j’aurais choisi volontiers quelqu’un d’autre que Matt Damon pour jouer le rôle principal. Pas un fan.

En sortant du cinéma, je me suis souvenu du courriel que je lui avait envoyé après avoir lu 2 ou 3 chapitres;

« That’s good stuff man. You should make a novel out of it ! ».

Hehehe. Comme quoi tout est dans tout. 


Que le monde est petit. 

Même si Mars est loin. 



13/08/2015

Thérapécriture



LES MOTS.

Simplets comme quand il sont trois dans une phrase.

Ou de longs tortellinis qui n’en finissent plus dans un poème.

Ils nomment. Cautérisent les petites fissures du coeur.

Sonnent la charge.

Perlent les émotions.

L’ADN de la communication.

Un exemple: Je t’aime !

Autre exemple: 


Toujours les yeux bleus l’ont fasciné. Leur profondeur. Le reflet sur une surface transparente. Leur magie. 

Dans tous ses rêves, la femme de sa vie avait les yeux bleus.

Il est tombé violemment amoureux d’une femme aux yeux noirs.

Les histoires et l’histoire de l’Histoire sont de mots.

De Brassens à « Les chemises de l’Archi-duchesse » sont de mots.

Un livre est une plage de mots. Un mot est une clé pour sage.

Quelques lettres sans costumes et voici qu’on charme ou qu’on heurte.

Ou qu’on prie.

Et vaillants avec ça. Jamais en vacances, en pluie constante.

Ils toussent d’une langue à l’autre, all those words dudes.

« All the words dudes, carry the news… »

Faits de mots, le rock-and-roll et l’oeuvre de Molière.

Le bon mot c’est la sortie noble quand on veut crier.

Dire le monde vert quand il saigne

Support de toutes les hypocrisies, dentelle de toutes les amours

Dylan à sec ou Pink Floyd soul

Le cirque est en ville.

Pour les étoiles qui s’étonnent d’être nommées

et l’assoiffé qui accepte l’eau disant; « Merci ».

Pour;

« J’ai reçu ta lettre hier et… »

« Donne-moi juste une raison, juste une pour… »

«  Vous qui venez ici, dans une humble posture… »

« … veuillez recevoir recevoir nos hommages les plus… »

« Je lègue à mes enfants, en parties égales… »

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Mais surtout, surtout pour l’Amour exprimé.

Il faut les garder propres et chauds.