09/06/2011

Je suis un soir d'été



Vu D. à sa résidence aujourd'hui. 82 ans, une mémoire d'éléphant pour les souvenirs d'enfance mais jamais capable de se rappeler ce qu'il vient de manger. Son amie en phase terminale à M-R. Un nouvel intérêt pour les dominos et... les fleurs ! Ai fait son lavage, puis virée aux Galeries d'Anjou pour lui acheter des souliers et un maillot de bain. 

Parlé à son infirmière quelques minutes. Je lui ai demandé pourquoi elle me disait toujours "Bonsoir" à midi et demie, à mon arrivée. Parait qu'en Haïti, Bonjour = a.m. et Bonsoir = p.m. Ah bon, première nouvelle. Faudra que j'en parle à F. et T. mes collègues de travail haïtiennes... qui me disent "bonjour" jusqu'à 8 heures le soir.

Retour à la maison. Le poulet n'étant pas dégelé, je me fais une bouffe de restes. C'est bon les bouffes de restes... quand les restes sont bons. Et c'est rapide. Je mange debout sur le balcon. J'ai l'impression que c'est mon premier congé depuis 6 mois. Les petites semaines s'en viennent. 4 congés la semaine prochaine. 

Faudra faire la peinture. J'ai choisi l'orange de la salle de bain. C'est beau orange une salle de bain. J'ai l'impression de prendre ma douche au milieu d'une Sunkist. Puis un verre de vin et demi, l'ordi sur le balcon et Radiohead "... so very special... i wish i was special... but i'm a creep..." puis Yellow de Coldplay. C'est fou comme j'aime ces deux chansons-là. Elles se ressemblent beaucoup d'ailleurs. Je les écoutent en boucle avec, en parenthèse, Duncan de Paul Simon. Parfois il en va des chansons que j'écoute comme de mes vêtements; j'en ai une panoplie, mais je mets toujours les mêmes. Je pense qu'on est tous comme ça. Y'a t-il un être humain sur Terre qui a deux paires de jeans ou plus qui n'a pas sa paire préférée ? On devrait ne se contenter que de posséder des préférés. Pour voir si on développerait une préférence parmi les préférés.

En bas, dans la rue, c'est le cinéma quotidien de juin. Des enfants jouent. Il devrait y avoir une loi qui empêchent les enfants de faire autre chose que de jouer. Mettons de 0 à 6 ans. Défense de ne pas jouer !

- "Maman je voudrais faire le ménage de ma chambre !"
- "Pas question ! Prend tes poupées et un ballon et va jouer dehors !".

Maman a fait la bonne chose. Maman a agit légalement, moralement c'était aussi la chose à faire. Maman a vu juste.

C'est fou ce qu'il y'a d'enfants dans mon quartier. Quand je racle la ville avec mon intérêt-râteau, j'ai l'impression qu'il n'y a plus d'enfants. Ils sont tous ici. Les roux-rousses surtout. Il y a plus de rousses sur ma rue que dans les micro-brasseries de Chambly. En vérité en vérité je vous le dis; le gène du roux flotte dans le ciel du nord-est de la ville. Avec quelques autres particularités citadines; un BBQ pour 5 balcons environ. Ces horreurs qui brûlent le gras de viandes et dont les fumées, avec la complicité du vent, s'alignent toujours plus ou moins élégamment vers ma porte de balcon. 

Immanquable. 

Je me souviens d'un party plus jeune. Il y a avait un fumeur et où que je me déplace, la fumée de sa cigarette me suivait. Je suis un charismatique des fumées. Je vais ajouter ça à mon C.V. tiens.

Une vieille table est à donner chez mon voisin. Une bibliothèque appuyée sur un arbre. Un homme nettoie sa tondeuse à gazon. Une femme tient son bébé sur sa hanche. Jeux de rôles multi-millénaires. 

Est-ce que les rôles masculins et féminins ont tellement changés depuis le Cro-Magnon ? L'homme et sa machine. Ça pourrait être le nettoyage de son gourdin avant la chasse. La femme et le dernier-né. Elle est moins poilue et il a une plus grosse tête que son ancêtre, mais à part ça ? Qu'est-ce qu'on trouverait de surprenant à cette époque si on pouvait sauter dans la machine à voyager dans le temps de H.G. Wells ? Une hygiène primaire pour dire le moins. Des poux. Une espérance de vie de quoi... 25 ans ? Il y aurait des surprises. Un dépanneur qui vend des Kit-Kat ? Non bien sûr. Mais peut-être du sport. En finale du lancer du gourdin, l'équipe de Gnouk mène 3-2 contre les goons de Glokk.

Alors, naturellement, le samedi soir venu:

- "Je te laisse à ton maudit sport Ploufcroute. Les filles on va cueillir des fleurs dans la vallée... "
- "Je vous comprendrez jamais Plankkritte. Sprouchniaque, le meilleur lanceur de gourdin va lancer tantôt et tout ce qui vous intéresse c'est d'aller dans la vallée..."
- "Gourdin gourdin... ma mère avait raison. J'aurais dû marier mon premier amour. Un gros sourcil unique et épais au milieu du front... aaaaaaahhh.... il était sexy au moins celui-là." 

Il y avait aussi des soirs d'été à l'époque.

Pour ceux que ça intéresse, l'équipe de Sprouchniaque l'a emporté en supplémentaire mais lui-même a été mangé par un dinosaure le soir même en allant uriner dans les bois. Pendant ce temps-là, les filles ont découvert que quand elles écrasaient et mélangeaient un peu de pétales d'une fleur rouge avec de la boue pour s'en mettre sur les lèvres, les jeunes mâles de la tribu du fleuve les regardaient d'un oeil brillant.

Et c'est pourquoi aujourd'hui on est là les ami(e)s.

La rue se calme. Les enfants entrent. C'est l'heure du bain. Quelques lumières s'allument dans les logements. C'est le moment pour Chloé Ste-Marie. Le ciel et moi, on suit le même rythme. 










04/06/2011

Petite capsule de bien-être

 



Je suis un homme de théories. L'une d'elles est que l'audition d'une bonne vieille toune des Beatles par jour augmente l'espérance de vie. 

03/06/2011

Ecce Uomo, en 33 traits.



1- Laitue: la Boston > la Romaine
2- Vin: Rouge > Blanc
3- Ordis: Mac > P.C.
4- Amérique: Chicago > New-York
5- Souliers: ECCO > Merrel
6- Saison: Printemps >Automne
7- Littérature: Fiction > Documentaire
8- Politique: Gauche > Droite
9- Bouffe: Végé > Viande
10- Plumes Fontaines: Faber Castell > Mont Blanc
11- Classique: Bach > Mozart
12- Légumes: Brocoli > Asperges
13- Odeur: Vanille > Cannelle
14- Dessert: Chocolat > Caramel
15- Musique: Pop, Rock > Disco, Hip-Hop
16- Chanson (France): Brel > Ferré
17- Chanson (Québec): Desjardins > Bélanger
18- Matière: Bois > Métal
19- Lieux: Lac > Rivière
20- Mots: Ouaouaron > Strictement
21- Bouger: Vélo > Courir
22- Radio: Languirand > Charette
23- Internet: Videotron > Bell
24- Séries T.V.: Six Feet Under > Mad Men
25- Animal: Chat > Chien
26- Tissu: Coton > Soie
27- Villes: Prague > Rome
28- Asie: Japon > Chine
29- Tourisme: Festivals > Grand Prix
30- Religion: Sans attache > Bouddhisme
31- Alcool: Poire William > Cognac
32- Québec: Côte-Nord > Gaspésie
33- Livre: Papier > Électronique

29/05/2011

Ces petits-Grands moments (et non pas ces petites Grand-mamans).

Le Nirvana est une belle idée... romantique. D'imaginer un profond et parfait état de paix, permanent, est illusoire dans la matérialité.  C'est comme être sur une plage au soleil, les yeux fermés, somnolent. Sept ou deux grains de sable sur le dos suffisent pour agacer. Alors demander à la Vie (mot qu'on devrait toujours écrire avec un V majuscule, par respect), de cesser de lancer des roches, même des cailloux, même de minuscules grains de sable; hautement improbable. On passe donc au plan B; il reste quoi comme état de paix possible ?

Pour qui a vécu 4 ou 5 décennies, quelques évidences se dessinent. La permanence de quelqu'état que ce soit est impossible. Par définition, la Vie est un phénomène dont la seule certitude est le changement. Les moments de bonheur ne peuvent donc n'être qu'épisodique. La bonne nouvelle c'est qu'on peut dire la même chose des mauvais moments. Il y a probablement moyen de se creuser une zone de confort, doux, fait d'un minimum d'aspérités, pour plus ou moins longtemps. Mais les moments où on ne peut pas cesser de sourire de joie sont rares. Et parce qu'ils sont rares...

Quand un de ces petits créneaux de temps cuit pour vous par le four des Dieux se présente, arrêtez tout, et goûtez-le, dégustez-le, ralentissez le temps si possible, éliminez du moment autant que possible l'intrusion d'idées d'une autre origine. Retenez votre souffle pour forcer votre corps à participer à plein à la magie du moment. Essayez de canaliser votre excitation pour ne rien en perdre: visualisation, intensification des images que l'esprit vous propose, se laisser rire à haute voix, par exemple. 

Hyper-sensualisez-le.



En général, même dans le cas de la naissance d'une Idylle (Idylle commence comme Idiot et se termine comme Imbécile, disait un homme probablement déçu), on ne peut pas prévoir ce genre de magie. La Vie les sème et un nous accroche à l'occasion. Quand on veut les répéter, on prépare, on suscite, on essaie de reproduire la performance, l'action qui a mené au dernier de ces moments. Or, toute préparation est un effort, et c'est dans l'absence d'effort, dans l'abandon qui laisse toute la place à l'inconnu, que le terrain est le plus propice à l'apparition de ces éclairs. Ou mille-feuilles. (En passant, manger un mille-feuille, surtout en gardant la croûte du dessus pour la fin, peut aussi mener à un de ces moments cuits par les Dieux. Je fais dans l'allégorie alimentaire ce matin). J'ouvre ici une porte grinçante sur un immense débat: Faire ou Lâcher-Prise. On ira dans cette pièce une autre fois.

Je reçois à l'instant un courriel de quelqu'un qui signe "Huge Fan of Your Genius", qui dit: "But what's your point Man ?"

Pourquoi un point ? Un début d'explication serait à nouveau un effort fait qui m'éloignerait du simple plaisir passif d'apprécier ce qui est agréable. C'est pas toujours de grands gâteaux que nous préparent les Dieux, mais un cadeau est un cadeau. C'est juste que je suis là, dans mon fauteuil préféré, moulé au fil des années à mon mignon petit derrière, sirotant mon deuxième espresso, les pieds nus sur le meuble, la dérive mentale agréable, le corps encore un peu engourdi par le sommeil, l'esprit qui fait du canot sur une rivière calme. J'en suis presque, juste là, à aimer la musique country. C'est vous dire. 

C'est certain que ce moment-café du matin est préparé. Mais l'état d'âme qui l'accompagne est malgré tout d'une qualité aléatoire. Hier matin par exemple; même préparation, puis un coup de téléphone dont je me serais passé et hop, aux égouts le mini-nirvana. Et je vous dis pas, pour l'amour de la musique country...


Il y a quelques mots passe-partout de la langue française qu'on ballotte sans y accorder assez d'importance et d'honnêteté; "Ça va bien". Je vous propose de commencer à partir d'aujourd'hui, de ne plus jamais les utiliser sans que oui, de fait, on les ressentent profondément. C'est le dernier ajout fait à la Constitution du pays Toulmonde.

Soyez heureux 
Soyez réceptifs.









27/05/2011

Tsé lâ, genre... comme....

C'est moi ou la nouvelle génération se tire dans le pied en se fiant autant sur les possibilités électroniques de l'ordinateur pour assumer, terminer, corriger et au bout du compte presque rédiger tout seul les textes pour celle-ci ? 

Mes nièces sont "cool". Quand je leur dis que "cool" veut dire "frais", alors; "ben non, on est hot". 

Et puis, ces raccourcis pour sauver du temps: "etk" dans un message texte, pour "en tous les cas" par exemple. Et le fameux LOL, qui me fait bien plus rire qu'elles. 

Un soir de souper de famille, pour me moquer un peu, passer un message aussi, j'ai remplacé sourires et rires par le son "LOL". Ça donnait la mesure du coté robotique  de cette expression automatique. Vous essaierez ça avec des sur-utilisateurs de ladite expression, c'est LOLifique;

"Une fois st'un gars..." et trois minutes plus tard, la chute de l'histoire, et elles vous regardent en espérant l'explosion d'un rire tonitruant. Et vous: 

- "LOL". 

- Tu la trouves pas bonne ?

- "LOLLEUH !"

- "Aaaaah, toi pis ton français. MDR d'abord !"

On s'en sort pas. Qu'est-ce que disait le grand Jésus déjà sur sa croix ? Père, pardonnez-leur car elles ne savent pas ce qu'elles disent ?

Alors vous comprenez que les concepts comme la Poésie... Peu optimiste, je tentes quand même un semblant d'approche. Que voulez-vous, l'espoir fait vivre. 

-"La Poésie... Essentiellement, c'est la beauté d'une idée portée par la beauté des mots..."

"..."

-"Quand ça rime, mais que c'est pas une toune, c'est de la poésie"

Et là-dessus, J. de me déclamer le début d'un "poème" où Ursule rime avec pustule.

Y'a des moments où le meilleur des oncles doit s'avouer vaincu et dépassé. Le flambeau de la langue va être, est en train d'être passé à cette toute jeune génération qui moulinette tout, qui parfois me désarçonne avec des aveux incroyables, du genre:

"Ben réveille Sylvain, on écrit pu en lettres cursives maintenant !" 

-" De kossé ? (ça c'est l'oncle qui essaie d'être cool ou hot); Depuis quand ? Vous allez signer vos chèques d'un X  tout le monde ?" 

(Là-dessus, l'auteur fait un aparté pour s'adresser à la partie parentale de son immense lectorat, un peu comme la coccinelle qui sortait de la case sur une page des DingoDossiers de Gossiny: Vous saviez ça vous que les tous jeunes apprennent l'expression "lettres cursives" juste pour pouvoir nous dire qu'ils ne s'en servent pas ? Ou bien elles m'ont monté un bateau... fin de l'aparté).

"Non mais je rêve. Vous écrivez quand même pas tous en lettres carrées ? J'imagine que vous savez pas non plus ce que c'est qu'un complément d'objet direct ?"

-"Un objet direct ? Comme Propio Direct ?"

-"LOL"






















25/05/2011

Bob Dylan: 70 balais

Non, ceci n'est pas à propos des grandes maisons de Bob, riche depuis longtemps, qui, immenses planchers obligent, possède peut-être 70 balais.

70 ans donc le Bob. Et quel artiste ! Un hénaurme bloc de granit dans le paysage du message, de la chanson, de l'influence. Un acrobate des mots comme le sont souvent les gémeaux (McCartney et Joni Mitchell par exemple), une source jamais tarie mais jamais la même. Et le refus permanent de se laisser enfermer dans un style. De la guitare électrique quand ses fans considère la chose comme un sacrilège. De l'héroine quand les biens pensants à qui il commençait à plaire l'aurait présenté à leurs filles. Des textes éclatés alors qu'on lui érigeait déjà la statue du roi de la chanson à message. Des bijoux, combien nombreux, méconnus.

Pour moi Dylan dans toute sa splendeur, c'est pas autant "Like a Rolling Stone" que l'extraordinaire "Desolation Row" ou "Lily, Rosemary and the Jack of Heart", et leurs personnages déjantés. Le type sait comment raconter une histoire. Tout son imaginaire délinquant est là. Encore aujourd'hui, Desolation Row est un remède pour moi. Littéralement. L'ombre pâle de la déprime passe en nuage au-dessus de moi ? Trois fois en boucle dans mes oreilles la Desolation Row, et le solide est revenu. C'est comme voir les premiers canards revenir du sud en mars, mais en plus condensé. Cinderella, Romeo, Jesus, le bossu de Notre-Dame, Cain et Abel, Einstein, Ophélie, le Bon Samaritain... ils sont tous là. C'est le Cirque du Soleil avant le temps. Et cet harmonica sèche, comme dans un western de Sergio Leone, qui vient percer les tympans, juste ce qu'il faut, vers la fin du rêve. Dans un art où il est de mise de raconter des histoires dans une grande économie de mots, Dylan décide d'écrire des histoires mais de laisser tomber l'économie de mots. Et puis, pourquoi faire dans le genre torturé quand on peut garder son temps pour autre chose ? Il écrit vite. "Blowing in the wind" en 10 minutes par exemple. 

De temps en temps, quand la dérive dure un peu trop, il se recentre, le temps d'un coup de poing dans la mare tranquille de l'industrie propre de la musique. À 60 ans, alors que tout le monde le pense fini, il remporte aux Music Awards, parmi 3 ou 4 jeunots dans la vingtaine, l'album de l'année avec le superbe opus: Time Out of Mind. Jamais il n'a eu une plus belle voix depuis ses débuts, parce qu'elle s'est épaissie, enrichie. Comme si Cohen lui avait rendu visite le temps d'un album. 

"Everybody is making love or else expecting rain..."

Il y a eu les bombes atomiques; Beatles, Pink Floyd, Elvis. Il y a eu toute une Galaxie de comètes, vives mais bien courtes lueurs. Mais celui qui va laisser le trou le plus profond quand il va partir, c'est le Sieur Dylan.








23/05/2011

Le nouveau pays



Je travailles à la création d'un pays virtuel. J'en écris ces jours-ci, la Constitution; (les pays qui existent me déçoivent un peu).  Notre drapeau sera un morceau de drap orange... (en autant que ce ne soit pas un orange NPD, rien à voir avec une quelconque pensée politique ici). L'orange est une couleur chaude et optimiste, c'est une raison qui suffit à expliquer ce choix. Du soleil quand il n'y en a pas. Soyez donc respectueux avec les tissus oranges dorénavant: ce sont les couleurs de mon (notre, si vous le voulez) pays.

L'Étvertomne est le nom de la nouvelle saison que j'inaugure officiellement aujourd'hui au nom de ce pays. Un temps typique d'un territoire, d'un autre lieu nommé Québec dans un univers parallèle. Même qu'entre 11 heures et midi aux deux lundis, il grêlera. Typique. 

Le temps sur ce territoire ressemblera aux humeurs électorales de ses habitants. Les dits habitants, comme ailleurs, se feront un plaisir délicieux de débattre des aléas du temps qu'il fait en attendant le métro; "On a un bel Étvertomne cette année" entendra-t-on ici et là. 

Notre Hymne National sera l'air qui vous trottera dans la tête ce matin-là. Par exemple, "Duncan" de Paul Simon maintenant; "Ooooohohoh what a night, oh what a garden night of delight...". "A garden night of delight !" Il y a des paroles de chansons qui vous font mouiller les yeux d'envie.  

Est-ce qu'il y a des âmes sur Terre qui ne crient pas en silence; "J'en veux mwé-tou, des garden night of delight !"

Nous serons donc le seul état dont l'Hymne National changera selon ses habitants et leur humeur du moment. "Oui me direz-vous, mais quelle cacophonie alors, quand l'Hymne National, avant la partie de hockey du samedi soir..." Je vous entends. Mais entre la cacophonie et la liberté de choix, vous choisissez quoi ?

Je déclare que personne n'aura d'impôt à payer mais qu'en échange chacun devra pourvoir à ses propres besoins et services essentiels. Nous encourageons l'autonomie.

Notre ministre des Affaires Inter-Sidérales et Super-Sidérantes sera la Nature. Nous serons le seul gouvernement à offrir des ministères à des non-humains. L'Air, l'Eau, le Vent, le Soleil et la Pluie seront d'autres ministres. Pas de taxes, que des textes: "C'est une promesse électorale que nous tiendrons", m'a dit la Nature encore ce matin.

Notre sport national sera la Communication. Il y aura à chaque année des éliminatoires visant à trouver nos citoyens/citoyennes qui communiquent le plus et le mieux. 

L'Hymne National du moment sera fredonné avant chacune des parties éliminatoires. Le prix exigé pour assister à ces parties sera d'échanger avec intérêt et curiosité avec ses voisins immédiats. Les meilleures places seront réservées à ceux qui sourient sans cesse. 

Le plat national sera la crème brulée aux omégas 3. On parle évidemment ici de la version sans sucre raffiné, hyper-vitaminée, aux 72 minéraux essentiels ajoutés, qui protège l'émail des dents. Une version en purée sera offerte pour les nouveaux-nés du pays.

Sur notre monnaie; sur le coté animal: Un panda qui jongle. Sur le coté "Reine"; Bilbo le Hobbit.

La devise du pays à faire: Don'tus Worryus, Beeus Happyus

Le passeport n'existera pas en ce pays. Mais pour y être citoyen il faudra en faire la demande à nos services pour que votre noble personne nommée soit ajoutée à nos registres. Un sac cadeau sera offert aux premiers 200,000 personnes qui feront leur demande de citoyenneté.

Note: Une version en ratine du drapeau national, provenant d'une VRAIE serviette orange de ratine ayant appartenu au Créateur du pays à venir est offerte à ceux et celles qui en feront la demande. Le drapeau sera envoyé par la poste conventionnelle et nul doute que le jour où notre nation fera son entrée à l'ONU, ces reliques deviendront supérieurement précieuses.

Voilà pour l'essentiel. Ne reste plus qu'à trouver le nom dudit pays. De ce nom nous pourrons ensuite nous nommer. Par exemple, les MachinsChosiens et MachinsChosiennes vivent au MachinChose. 

Un vaste référendum est présentement en cours pour trouver ledit nom. Toutes les suggestions sont acceptées, les bureaux de vote sont ouverts. L'unique citoyen du pays à venir a été voter. Ce qui porte le taux de participation à 100%. Remarquable pour une démocratie.

Voici venu le temps du dépouillement. Le nom du pays à venir choisi par 100% de ses citoyens est... 

Le TOULMONDE

Vive, et longue vie harmonieuse, au TOULMONDE ! Même Dieu cesse la création d'une galaxie un instant pour applaudir.

Mais, Chut ! Voici que Citoyen Premier s'apprête maintenant à prononcer le discours de la victoire:

"Toulmondiens et Toulmondiennes..."

(à suivre)

11/05/2011

Un livre pour mai.

La Science-Fiction a toujours été considérée comme un art mineur. Pour les adolescents, d'âge ou d'immaturité, dit-on. Pourtant, de temps en temps, une sorte d'oeuvre de génie dans la mare du sans-surprise.

Par exemple un roman d'Alain Damasio, une espèce de poète-bohème français. La pagination qui débute à la page 700 pour finir à 1. Les 23 personnages principaux, chacun identifié par un signe, par lesquels on se fait raconter l'histoire. Il n'y a donc pas un narrateur, mais 23, avec leurs différentes personnalités, leur propre niveau de langage, leur perception autre. Un personnage principal original: Le Vent. Une langue inventée, pour décrire les multiples aspects du vent. Mais surtout une écriture de l'auteur qui étonne par sa qualité. Rare d'y retrouver cette finesse en SF.

Il y a des phrases comme des coups; "Le cosmos est mon campement", "une volte entre sons et gestes qui s'enspirale". Aaaaaaah, "s'enspiraler". Ou ce diamant: "Je l'imaginais, pleurant, faire des trous de ciel dans son mouchoir".  Elles pleuvent.

Une expérience dans laquelle on se moule, on prend un long bain de mousse.

La Horde du ContreVent, Alain Damasio.

10/05/2011

A.D., et peut-être, oui, Après Dieu...

Des sourcils en demi lune, qui lui donne une expression permanente d'étonnement. Comme une geisha excitée. Deux grands arcs, des parachutes au-dessus de grands yeux noisettes, si grands les yeux, qu'on ne voit qu'un peu de ce blanc autour. Plus bas au visage, la lumière du sourire s'occupe du reste. 

Mon tout a un charme fou. Qui fait des fous charmés. Port altier, comme si en marchant elle commandait aux molécules d'air: "Tassez-vos, je passe". Jamais deux fois la même manière de saluer. Parfois du mot: Salut-Bonjour-Hey...-Plaisir... parfois du geste: 3 doigts levés négligemment-les deux paumes vers le haut-les sourcils levés à la Groucho-un oeil qui cligne-le sourire qui tue-la simili grimace-la fausse rigidité d'un visage quand même intensément habité... 

Des femmes sont très belles. Des femmes ont du style. Il n'est pas si fréquent qu'on rencontre les deux chez la même personne.

... et elle revient tout juste de son voyage de noces.

Bon, vaudra toujours mieux un monde avec ses petites cruautés du genre qu'un monde sans ce genre de pureté. 


09/05/2011

Les livres

Y'a des livres qui bercent par l'histoire qu'ils racontent. D'autres par la qualité de l'écrit. Parfois, le format. Y'a des livres qui sentent bon. Qui sont beaux. 

J'ai acheté des livres pour la couverture. Une ou deux fois pour la qualité de l'impression "qualité de la police des lettres et contraste foncé/pâle, versus la qualité du papier", parce qu'elle rendait la lecture facile. 

On est des êtres sensuels. Tenir un livre dans ses mains, ou mettre dans son sac à dos un vieux bouquin aux coins écornés, utiliser une photo familiale comme marque-page, souligner une belle phrase, inscrire en catastrophe un numéro de téléphone sur un coin de la première page, la blanche, mouiller un doigt pour tourner une page quand deux pages qui s'aiment ne veulent pas se séparer (tiens, y'a une histoire à écrire avec cette idée: deux pages des 1001 Nuits, 344 et 346, s'aimaient d'amour tendre...), mettre un livre sous un portable pour relever le clavier et lui donner un meilleur angle pour taper ses notes, j'ai même vue une amie, d'un sans-gêne excessif, utiliser un de mes livres pour faire un mauvais parti à une araignée !

Pendant le siège de Léningrad, lors du fameux hiver de 1943 où les Allemands ont tenté d'affamer les Russes de la ville, ceux-ci ont trouvé toutes sortes de moyens extrêmes pour essayer de survivre. L'un deux a été de faire du bouillon avec la tranche des livres, puisque dans la colle qui tenait les pages ensemble, il y avait alors une petite quantité de protéines. C'était une solution extrême, mais quand on meurt de faim on en arrive aux extrêmes. 

Bref, pour leur beauté ou leur histoire ou leur utilité ou leur impact... Pas sûr que les livres seront tout à fait remplacés par les tablettes électroniques un jour.

Placez-moi parmi ceux qui ne veulent pas que les livres de papier disparaissent.

04/05/2011

À propos de villes Européennes



Mon top 10 des villes les plus belles/intéressantes/aguichantes où j'ai mis les pieds (hé non, Rivière-des-Prairies n'est pas là).

Note: Des mentions honorables vont à Innsbruck, Saint-Moritz et Bratislava.

10- STRAZBOURG (petite, mignonne, racée mais féminine, des ruelles dont on ne voudrait jamais sortir).

9- MARRAKECH (la rouge, la chaude, celle où je n'aurais pas été étonné d'y rencontrer Sheherazade. Le thé à la menthe, les keftas, la vieille ville...).

8- VENISE (Une grande dame. Les canaux, les ponts, même ses gondoliens clichés. Mais quoi, c'est Venise).

7- PARIS (pour ses parcs, son histoire en statues, ses petites boulangeries et ses grandes librairies...)

6- AMSTERDAM (pour sa musique de rue, ses cafés, ses canaux et ses vélos. Cette ville a une âme.)

5- ROME (quand on peut marcher de la Fontaine de Trévi au Colisé aux Catacombes, puis, se rendre jusqu'au Vatican dans le même après-midi...)

4- VIENNE (Manger du chocolat en déambulant sur la promenade en pierre, passer devant la cathédrale et pousser une pointe jusqu'au Danube...)

Médaille de bronze- BUDAPEST (pour ses bains thermaux, ses deux monnaies, son alphabet étrange, ses brasseries de sous-sols en ciment où on sert le vin chaud, pour se perdre totalement sous la pluie et entrer quelque part où, au moment où on se croit sur une autre planète, voir des jeunes fous danser sur "All Shook Up" d'Elvis).

Médaille d'argent-  FLORENCE (Belle, belllllle Florence, la ville aux toits rouges, aux rues courbes en pavés, aux odeurs d'épices, aux vendeurs prêts à vous rôtir une petite douceur pour calmer votre appétit. Une beauté parfois médiévale, parfois mystique. On s'attend à croiser Da Vinci à chaque courbe de chemin. L'histoire faite ville).

Médaille d'Or- PRAGUE: Purement, simplement, tout à fait... la plus belle ville que j'ai jamais eu la chance de voir, humer, marcher, toucher. Magnifique par son art de rue, ses paons en liberté dans les parcs, ses couleurs, son style.



L'humour des Praguois.




 Des immeubles comme des bonbons.



Prague, pure et belle.