23/01/2013

Le coeur sur la main


Elle est née avec lui. En fait, il était là avant sa naissance, minuscule.
 

Il a battu pendant des décennies à toutes les secondes. Parfois, enfant, avant d'ouvrir un cadeau un soir de Noël ou adolescente en croisant un jeune homme dont la présence lui nouait l'estomac, il a battu à un rythme de DEUX fois à la seconde.

Mais, malade et affaibli, il est d
evenu moins performant avec les années, menaçant même de faire déraper toute la mécanique biologique si on ne lui trouvait pas un remplaçant à temps.

Alors, entre les fiches à remplir et les examens médicaux, elle en a déniché un plus jeune, plus fougueux, plus fou. 


Elle a dit à son mécanicien; "Allez hop, on remplace l'autre".

Aujourd'hui, quelques semaines après la transplantation cardiaque, ils posent ensemble comme de vieux complices. 


La Dame et son coeur.

La Dame de coeur et son atout.

Longue vie au vôtre.




05/01/2013

02/01/2013

UNITÉ 9...sur 10.


Elles reviennent à chaque saison des Fêtes, ces journées. Froides et blanches. Le 25, le jour de l'An. J'ai fait mon minimum de "social". Rien à faire sinon la farniente. Nulle part où aller de toute façon, tout est fermé. Noirceur à 16 heures et 3 acariens. Comme si Dieu lui-même était parti faire la sieste.

Alors à chaque fois je me roule en boule dans une couverture pendant des heures, j'approche la bouteille de vin et de quoi manger et je me cherche du visuel stimulant.

D'habitude c'est une paire de films. Comme j'ai mis ma télévision dehors il y a quelques années pour cause de risque d'abrutissement précoce, ça passe ou ça casse par mon I-Mac; Netflix, Tou.tv ou, plus rarement, un ou deux DVDs. 


Je joue donc de la souris pendant 10 minutes, pas ça... pas ça non plus... ça plus tard... etc. Puis je tombe sur la première saison de Unité 9 dont on m'a dit beaucoup de bien. (Pour les non-locaux, "Unité 9" est un téléroman qui traite de la vie en prison chez les femmes).

Pourquoi pas. Et je donne une chance à l'épisode 1. Ok, je suis en retard d'un an sur tout le monde, c'est pas nouveau, mais mieux vaut tard...

Il est 3 heures pm. Sauf pour une pause au souper, j'enfile, à ma propre surprise, les 13 épisodes de la saison jusqu'à ma sortie de transe à 2 heures du matin.

Qu'en dire ?

"Que t'as pas de vie !" me lance quelqu'un.

S'il vous plait, on reste poli. On parle de Création et d'Art ici.

Quel beau dessert que cette série. Tous ses aspects sont de qualité, la caméra qui "flotte". Les trames de vies. Dialogues rapides. Situations lourdes traitées avec punch. MAIS, de loin, la force du tout est la grande qualité du jeu de presque toutes les actrices. 


Surtout les plus vieilles. 

Toutes, mais particulièrement Guylaine Tremblay, Céline Bonnier (superbe... mais est-elle seulement capable de ne pas être TRÈS bonne celle-là ?), Sophie Clément (OUF ! Rien de moins), et surtout, leur "mère" à toutes, Dame Micheline Lanctot.

Pour sauver l'honneur des plus jeunes, une grosse médaille d'or revient à Ève Landry, qui est étonnante de justesse et de vérité. Elle sort d'où celle-là ? Jamais vu avant, mais du talent ! La seule dans le lot qui ne m'a pas fait penser que le manque d'expérience est tellement évident dans une suite de gros plans.

Les 4 "old timers" sont si bonnes que l'histoire pourrait être somnanbulante, on prendrait quand même un profond plaisir à les voir habiter le lieu, parler, faire le macaroni...

Dans la différence d'intérêt que suscite les scènes tournées dans l'Unité 9, et les autres autour du café et hôpital, en tous cas pour moi, il y a constat d'un fait: Là où sont les meilleures actrices, sont les meilleures scènes. Et ça n'a rien à voir avec l'écriture. Juste que le meilleur talent crée le meilleur produit.

À voir, un peu pour la trame narrative, beaucoup pour le jeu des actrices qui habitent l'Unité 9.

Bonne Année à tous-toutes. Que les mois qui viennent vous apportent de quoi rêver.







26/12/2012

McCartney-Asimov: le rendez-vous manqué.

    Dans le grand bol des rendez-vous malheureusement manqués, il y a celui-ci: En 1974, Paul McCartney a payé une petite visite à Isaac Asimov. 

    Il lui a demandé s'il était intéressé à développer l'idée suivante. Un groupe de musiciens extra-terrestres "volerait" la musique d'un groupe de la Terre (Wings, le groupe de MacCartney à l'époque) pour en faire une carrière sur leur propre planète. 

    Asimov a effectivement développé l'idée mais sans tenir compte des suggestions de départ de l'ex-Beatle. 

    Celui-ci n'a pas donné de suite à l'idée, devenue trop différente de ce qu'il a imaginé au départ. 

    Ce dialogue (QU'ON VEUT VOIR ! QU'ON VEUT LIRE !), est caché quelque part dans les archives d'une Université de Boston où Asimov travaillait cette année-là.

"Band on the run" joué par des robots ?

Too bad.

13/12/2012

Ouragan Sandy; le Show du 12-12-12

J'ai regardé le concert du 12-12-12 hier, celui qui vise à amasser des fonds pour aider les victimes américaines de l'ouragan Sandy. Quelques constats:

- Étrange de voir que cette belle brochette d'artistes comprenait une majorité d'artistes britanniques. McCartney, The Who, Roger Waters, Rolling Stones, Eric Clapton... Ne manquait que Led Zep. Et Lennon pour venir chanter Give Peace a Chance.

- Le temps, et son petit cousin, l'attraction terrestre, font des ravages. Et à ce sujet, la Haute Définition ne rend pas service à personne ! 


Mes héros d'enfance m'ont renvoyés un miroir cru de cette réalité. Fallait voir les Rolling Stones dont la moyenne d'âge est de 68 ans, et l'usure des corps dont la moyenne est, elle, de 114 ans. Comment Keith Richards peut-il encore tenir debout ? Ceux et celles qui ont lu sa biographie savent qu'il est hautement improbable qu'un foie, un coeur et un cerveau puissent continuer à fonctionner normalement après de tels abus au fil des années. Il y a de solides gènes qui se transmettent dans la famille Richards.

- Le fait que les artistes les plus populaires en 2012 soient ces "soixantenaires" en dit beaucoup sur l'incroyable décennie qu'a été les années 1960 quand ils sont tous apparus.

- La Musique demeure la Musique, même en béquilles. 








Mick Jagger, 12-12-12. Hé oui. Je le dis avec le respect certain qu'on lui doit pour "services rendus", n'empêche que le même homme, dans la même pose, au milieu d'un champ de maïs, ferait fuir tous les corbeaux.

04/12/2012

Sigur Ros

(Tiens tiens, un centième message sur ce blog. Qu'en dire ? Que j'aime la communication écrite. Le partage. Ou simplement que j'ai une grande gueule...)

Il y a eu les bonnes années de Pink Floyd, pré (chlink-chlink-Mooooney,  suis-je le seul sur Terre à n'avoir jamais compris le succès de Dark Side of the Moon ?), et puis RadioHead et autres porteurs de spAcialités musicales du genre.

Mais ma préférence depuis longtemps va à Sigur Ros. 

Un groupe Islandais, dont les expériences musicales sont tellement éloignées des normes qu'elles sont pratiquement impossibles à décrire. Déjà que l'Islandais est impossible à Écrire, pour qui utilise un clavier adapté au français. Alors je vous fait la grâce de ne pas essayer.

Un groupe qui a été jusqu'à inventer un langage, pour que les vocables puissent se marier plus harmonieusement à la musique. 

Je dis Bravo et j'intrigue. Inventer des suites de notes déjà... mais inventer des mots juste pour ces notes, ah que j'aime l'idée.

Alors il faut voir et écouter. 

Si c'est votre premier contact avec eux, je vous propose l'album suivant:

Með suð í eyrum við spilum endalaust

Mais surtout, allez voir la vidéo suivante, qui porte aux nues la musique de la pièce VALTARI, malheureusement trop longue pour être téléchargée ici.

http://www.youtube.com/watch?v=wfJVAoTE2PI

Un pur état de grâce. 

19/11/2012

Un bon livre, comme de la tarte aux pommes

Je suis bien trop brouillon dans l'expression de mes coups de coeur pour être un bon critique d'Art, spécialement de livres. Mais de temps en temps il y a un livre qui passe et qui fait tellement de flammèches, de bien, qu'il faut en parler.

Il est arrivé dans ma vie par le biais d'une critique de Foglia... qui lit généralement ce qui ne m'intéresse pas. Mais là. 


Là là. 

Là là là là là là là.

C'est pas Guerre et Paix. C'est pas Ken Follett.

Mais si l'enfant en vous n'a pas vécu le plaisir de se faire conter des histoires depuis trop longtemps,

Si vous voulez expérimenter à quelle substance devrait se lier la trop sur-utilisée expression: "un livre Bien Écrit",

Si vous voulez revisiter le siècle dernier à partir d'un angle unique, léger, avec une tache de fantasmagorie, 



Si vous voulez comprendre comment des yeux de sarcelle ou un veau nommé Adolph peuvent changer un destin,

Si vous avez le goût de prendre un chemin qui occupera vos prochaines semaines, car il faut lire lentement ces presque 600 pages en tout petits caractères, et apprendre à aimer, pardon, les laisser s'immiscer en vous de force, le Cheval Lamontagne, Madeleine, Solange, les Soeurs, Rivière-du-Loup, la fin du monde et les Chinois à acheter, une grand-mère qui pour mourir tout à fait, doit l'être deux fois, la guerre et comment un homme fort s'y prend pour monter un cheval dans un poteau,

Si vous aimez l'imagination au pouvoir,

Si vous êtes juste en manque d'un Bon Livre pour la période des Fêtes, malgré une jaquette d'une beauté douteuse;

Le titre: La Fiancée Américaine.

Auteur: Éric Dupont.